Résumé de la scène

Le Joker ne se soucie pas vraiment de Reese, mais utilise simplement la menace pour évacuer l’hôpital afin qu’il puisse voir sa prochaine cible. Il entre dans la chambre de Dent portant une tenue d’infirmière donne au Joker un certain charme efféminé, aidé encore par le manque de ses gants habituels. Le Joker parvient à séduire Dent tel le serpent dans le jardin d’Eden. Malgré la colère de Dent, le Joker déclare que la vie n’a pas de sens et qu’elle est sans règles, peu importe ce que nous le planifions, nous vivons et mourons tous arbitrairement. Cela a du sens pour Dent, après tout, la mort de Rachel a été insensée, et malgré tous ses efforts pour mettre de l’ordre à Gotham, il a été victime du hasard. Et c’est ainsi que The Dark Knight devient une tragédie et Harvey Dent devient Double Face, une progéniture du Joker, un « Joker Jr. », ou même une « âme conquise par le Joker ». Mais tandis que le Joker est militairement redoutable et inflige le chaos à tous le monde, Double Face est plus amorale. Maintenant que sa pièce à deux faces révèle dorénavant deux «visages» très différents, il la retourne pour chaque victime, donnant à chacun la même chance de vie ou de mort. Cela semble juste, n’est-ce pas la même chance que tout le monde a finalement ? Il pointe son arme sur le Joker et la retourne. À ce stade, le film coupe l’intrigue sur Reese et au moment où il recule, nous voyons seulement le Joker sortant de la pièce et se lavant les mains. Est-ce qu’il s’est passé quelque chose de plus que nous n’avons pas vu ? Il semble étrange de croire que Double Face permettrait au Joker de disparaître si facilement, même si la pièce s’est retournée du bon côté. Peut-être que le Joker a dû faire autre chose pour lui, c’est pourquoi il se lave les mains. Là encore, le scénario ne révèle rien de plus ni ne mentionne le lavage des mains, peut-être que c’était improvisé. Le Joker sort du bâtiment et, comme promis, fait exploser l’hôpital derrière lui avant de prendre la route dans un bus rempli de patients évacués. Il s’en tire avec cinquante otages, dont le reporter Engel.

Tu sais… tu sais ce que j’ai remarqué ? Personne ne panique quand tout se déroule selon le plan. Et ceci même si le plan est affreux. Si demain soir je dis à la presse que, un brigand va se faire descendre ou qu’un fourgon chargé de soldat va exploser… personne ne panique. Parce que tout ça, ça fait parti du plan. Mais si je dis qu’un, malheureux petit maire va mourir. Alors là… tout le monde s’affole ! On entrouvre la porte à l’anarchie, on bouscule l’ordre établi et très vite le chaos le plus total règne. Et moi j’annonce le chaos… et tu sais ce qu’il a pour lui le chaos ? … Il est impartial !

The Dark Knight : Le Chevalier Noir – le Joker à Harvey Dent

Analyse de la scène

Et si cette scène était à l’origine du tourment menant au suicide de Heath Ledger ?

On constate que c’est l’une des dernières qu’il aura tourné et  que c’est un acteur plutôt engagé et empathique. Dans son journal qu’il entretenait tout au long du tournage, on peut voir des dessins du Joker et le mot “CHAOS”, griffonné en majuscules et en vert. Et, à la dernière page, en toutes lettres : “BYE BYE.” ? Celà ne laisse que peu de doute à un suicide volontaire. Il tenait tant à ce rôle, il s’est tellement imprégné du personnage que cela semble avoir fortement aggraver ces maux d’insomnies et d’anxiété. Cette transcendance s’est emparée de son être à tel point qu’il est devenu ce justicier fou et anarchiste précipitant le monde au chaos. Nombreuses de ses scènes sont exceptionnelles d’interprétation comme l’interrogatoire du Joker ou ses confrontations avec Batman… Et si on parle bien d’une fiction, je trouve en celle-ci un écho terrible à notre propre réalité.

En effet, il suffit de lever les yeux sur tout ce qui nous entoure pour se rendre compte que tout se déroule selon le plan.

Celui que les médias établissent pour le gouvernement en transmettant des informations plus ou moins sensibles afin d’alerter, préparer, prévenir les populations. On peut lire par exemple Doit-on craindre un nouvel âge de glâce en 2030 dans un récent article du Ouest France, souvenez-vous quand TF1 annonçait des températures alarmantes en 2050, et qu’on apprend que les plus éminents scientifiques s’associent aux élites financières pour trouver un moyen de rejoindre une exo-planète puisque la nôtre semble condamnée. Aujourd’hui, la collecte massive de données (big datas) sur chaque individu permet de cibler les publicités en fonction de nos goûts et nos humeurs. L’incitation à consommer est de plus en plus précise et intrusive. Les multinationales et grand lobbys l’on bien compris, il suffit de plannifier, c’est à dire d’annoncer, communiquer et promouvoir des offres/produits/services en ciblant les individus qui y correspondent et leurs demandes suivront inévitablement.

« Je me suis enfermé dans une chambre d’hôtel à Londres pendant environ un mois, reclus. C’est là que j’ai créé un petit journal et expérimenté des voix – il était important d’essayer de trouver d’emblée une voix et un rire un peu emblématiques. J’ai fini par atterrir dans l’univers d’un psychopathe – quelqu’un avec très peu ou pas de conscience envers ses actes. Un sociopathe absolu, un clown au sang-froid et un tueur de masse… Rien ne l’intimide, et tout est une grosse blague pour lui. »

La cause officielle de la mort d’Heath Ledger – survenue le 22 janvier 2008, à l’âge de 28 ans – est une intoxication aiguë due aux effets combinés des médicaments suivants : oxycodone, diazépam, témazépam, alprazolam et doxylamine, selon un rapport publié par le bureau du médecin légiste de New York en charge du dossier. Un abus de médicaments sur ordonnance comprenant des analgésiques, des pilules et des médicaments contre l’anxiété et l’insomnie.

Son père pointe du doigt l’industrie du cinéma :

« Il y a tellement de pression sur les acteurs, ils doivent donner tellement. Même quand le corps dit que ce n’est pas bien et qu’il a besoin de temps. Donc on prend des anti-douleur et on continue à avancer. C’était le cas de Heath. Il devait être de retour sur le plateau pour son dernier jour. Ils tournaient de nuit dans un froid glacial, et il avait les poumons fragiles. Il avait attrapé cette toux dont il ne parvenait pas à se débarrasser. Il pensait qu’il le pouvait, pourtant, parce qu’il voulait finir ce film« , raconte-t-il, faisant référence à L’Imaginarium du Docteur Parnassus que son fils tournait, alors papa d’une petite Matilda. Heath aurait pourtant été avertis, encore la veille de sa mort, par sa soeur Kate : « Sa soeur l’avait eu au téléphone le soir précédent, lui disant ne pas prendre les médicaments prescrits avec les somnifères [Heath s’était plaint d’insomnies à répétition que rien ne calmait]. Il disait, « Katie, Katie, je vais bien maintenant. Je sais ce que je fais.’ En réalité, il n’en avait aucune idée« .

Kate Ledger lors d’une projection du documentaire I Am Heath Ledger au Tribeca Film Festival nous explique :

« Il n’était pas dépressif à cause du JokerHonnêtement, c’est totalement le contraire. Il avait un sens de l’humour incroyable et j’imagine que seule sa famille proche et ses amis le savaient. Mais il s’amusait beaucoup. »

Le Joker incarné par Heath Ledger, restera dans l’histoire du cinéma comme l’une des plus brillantes interprétations mais aura sinistrement changé à jamais la vie de l’acteur, nous laissant cet ultime rôle pour témoigner de son immense talent.

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